L’industrie française face à la crise énergétique

Wednesday 21 September
 

 

État des lieux  

Pour faire face à la crise énergétique, conséquence directe de la guerre en Ukraine, avec l’arrêt probable des livraisons de gaz russe, le gouvernement n’exclut pas des mesures de rationnement, et appellent les industries et les pouvoirs publics à s’organiser pour pallier le manque de gaz et d’électricité cet hiver.

Selon Nicolas de Warren, Président de l’Union des industries utilisatrices d’énergie (Uniden), « nous n’échapperons sans doute pas à des mesures de délestage en janvier, s’il fait très froid, voire à la fin de l’été, si la sécheresse persiste », car la production hydroélectrique est insuffisante et la production nucléaire est au plus bas, avec 27 réacteurs à l’arrêt sur 56.

En attendant, les cours s’envolent : pour le 4ème trimestre, l’indice de référence des cours du gaz en Europe est à 190€/MWh, 12 fois plus qu’il ; y a 2 ans, idem pour l’électricité.

Dans le projet de loi sur le pouvoir d’achat dont la discussion a commencé en Assemblée Nationale le 18 juillet dernier, le gouvernement a introduit un chapitre souveraineté énergétique qui prévoit d’augmenter le stockage de gaz et la création d’un terminal méthanier au large du Havre, en levant des contraintes environnementales pour une mise en fonction à l’hiver 2023.

De plus, l’Etat aura la possibilité de suspendre le fonctionnement des centrales à gaz produisant de l’électricité, afin d’économiser des molécules.

D’autre part, un questionnaire a été envoyé à 5000 entreprises dont la consommation dépasse 5 gigawattheures par an, dont l’objectif est de déterminer qui pourrait être coupé sans trop de dommages et sur quelle durée.

Le 5 septembre dernier le Président Emmanuel Macron a fixé à 10% l’objectif de réductions de consommation par rapport à l’an dernier, autant de la part des ménages que des entreprises.
 

LE SECTEUR INDUSTRIEL FRANÇAIS & LA CONSOMMATION ENERGETIQUE

Les secteurs de l’industrie et du tertiaire occupent une place importante dans la consommation d’énergie en France (32% du total).
Face à cela, le 29 août dernier, la première Ministre Elisabeth Borne a demandé aux patrons, lors des journées de rentrée du MEDEF, d’établir des plans de sobriété énergétique, pour réduire leurs consommations de 10%.

Pour le secteur industriel, on constate un rebond de la consommation énergétique, qui s’élève à 1.9% en 1 an. Les consommations d’électricité, de pétrole, de charbon, de chaleur et d’énergies renouvelables ont bondi, entre + 5,7 % et + 7,4 %, mais la consommation industrielle de gaz a diminué de 0,3 %.
Dans l’industrie, les principales formes d’énergie utilisées restent le gaz naturel (37%) et l’électricité (36%), suivis des produits pétroliers raffinés, de la chaleur commercialisée et du charbon.

Les industries les plus énergivores représentent plus de 80% de la consommation totale d’énergie du tissu industriel français. Elles couvrent par ailleurs un bassin d’emplois important, avec l’industrie chimique et ses 219 000 salariés pour pas moins de 3300 entreprises, avec l’industrie agroalimentaire et ses 430 000 salariés répartis dans pas moins de 16 400 industries agroalimentaires, et avec l’industrie métallurgique et ses 100 000 salariés répartis dans près de 4500 sites.
 

PRISE DE CONSCIENCE DES INDUSTRIES

Malgré les réticences de certaines industries à apporter des contraintes à l’appareil de production alors que le rendement est bien tangible, de plus en plus d’entreprises industrielles mettent en place des actions en vue d’optimiser leur efficacité et de maîtriser des dépenses énergétiques, à court terme et à long terme.

Les installations de production d’air comprimé (pilotages de vannes, actionneurs pneumatiques, refroidissement des armoires électriques, nettoyage à l’air comprimé etc.) sont très énergivores et onéreuses et sont souvent le 1er poste d’économies. Pour ces installations, l’objectif est de réduire la consigne de pression pour faire des économies.

Dans le même schéma concernant la gestion des fluides, l’objectif en termes de maîtrise des dépenses énergétiques consiste en la diminution des fuites, la limitation de la température etc.

La récupération de la chaleur fatale est une piste de plus en plus développée dans les industries. Il s’agit ici de récupérer la chaleur résiduelle provenant d’un procédé (ex : les chaudières, les séchoirs, les fours) et qui est « perdue ». La chaleur fatale récupérée permet de produire de l’électricité à des fins d’autoconsommation, par exemple.

D’autre part, de plus en plus d’entreprise mènent des audits énergétiques d’analyse des consommations au cœur des sites de production, afin d’établir une cartographie des équipements et les consommations inhérentes : relevé des compteur, suivi des consommations automatisées.  

Ces audits aboutissent à une refonte des pratiques en planifiant la mise en route des machines sur les heures creuses, par exemple, ou encore en ajustant les consignes de chauffage, de stockage en chambre froide, de régulation, ou encore en adoptant le bon dimensionnement des équipements etc.  L’idée étant de trouver le bon équilibre entre la production et la consommation électrique.

Cependant, automatiser l’arrêt des compresseurs, des pompes, des ventilateurs, ou encore limiter le chauffage ou éteindre tout simplement les éclairages lorsque ce n’est plus nécessaire demandent encore une adhésion du personnel dans les bonnes pratiques, par un travail de sensibilisation et de formation, mais aussi d’implication des collaborateurs à proposer des pistes d’amélioration.

 

LES INDUSTRIES & LEURS ACTIONS  

Florent Menegaux, Président de MICHELIN, annonce avoir converti leurs chaudières, pour qu’elles soient capables de fonctionner au gaz ou au pétrole, au besoin, le 10 juillet dernier, aux Rencontres Economiques d’Aix en Provence, tout en rappelant qu’une usine de pneus a besoin d’une alimentation énergétique en continu et qu’il faut plusieurs jours pour arrêter et redémarrer la production.

Les cimentiers se démènent actuellement pour récupérer un maximum de combustible solide de récupération, même si toutes les chaudières ne sont pas adaptées.

L’hiver dernier, compte tenu des niveaux de prix, le groupe sidérurgique LME BELTRAME a dû stopper ses fours durant quelques jours.

ARCELOR MITTAL à Dunkerque a décidé d’investir 1.7 milliards d’euros pour « transformer son processus de production en diminuant fortement sa consommation de fioul et du gaz pour d’hydrogène vert »

DURALEX a annoncé sa fermeture pour 4 mois à compter du 1er novembre, dont la conséquence sociale est la mise en chômage partiel de ses 250 salariés.

Depuis le 1er septembre, la CRISTALLERIE ARC a mis en chômage partiel 1600 salariés sur 4600, tout en incitant les présents à travailler durant les heures creuses où l’énergie est moins chère.

Chez ASCOMETAL en Moselle, spécialisé dans l’acier destiné à l’industrie automobile, on note une multiplication par 20 du coût de l’énergie sur 1 année. De fait, les quelques 400 salariés ont accepté, pour les 2 prochains mois, de travailler davantage la nuit et le week-end lorsque les tarifs de gaz et d’électricité sont le moins onéreux.

 

 

Les chiffres

Les industries les plus énergivores en électricité :
 

26 %

Métallurgie et produits métalliques

19,9 %

Chimie
 

10,4 %

Bois, papier et imprimerie

20 %

Industrie agroalimentaire

14,9 %

Caoutchouc, plastiques et minéraux non métalliques

 

Les industries les plus énergivo
 

33.2 %

Chimie
 

21.2 %

Caoutchouc, plastiques et minéraux non métalliques

10,2 %

Bois, papier et imprimerie

28.8 %

Industrie alimentaire
 

15,6 %

Métallurgie et produits métalliques

 

Source
La croix 18/07/2022 et 29/08/2022
Ouest-France.fr 08/09/2022
Insee
TF1info.fr

 


21/09/2022

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